Reprise

Après une longue interruption, nous aurons la joie de nous retrouver en communauté pour l’écoute de la Parole de Dieu, le partage de l’Eucharistie et la solennité de la Trinité le samedi 6 juin à 18h à Saint-Jean-Bosco et le dimanche 7 juin à 10h30 à Saint-Bernard. Bien sûr, les mesures sanitaires en vigueur seront respectées : venez avec votre masque. Pour optimiser notre capacité d’accueil, merci d’avance à ceux qui le peuvent de venir plutôt le samedi soir. Nous serons tout particulièrement unis aux personnes fragiles qui resteront chez elles. Les messes de semaine reprendront le mardi 2 juin à 9h00 à Saint-Jean-Bosco et le mercredi 3 juin à 19h à Saint-Bernard. Nous ne réutiliserons pas l’église Saint-Augustin avant septembre pour permettre à nos frères orthodoxes érythréens de l’utiliser. L’oratoire de Saint-Bernard est ouvert de 10h à 17h. Nous avons besoin de bénévoles 30 minutes avant la messe pour accueillir les paroissiens.

#Vivants ! Paroles de confinés

J’ai envie de vous partager la joie d’un coup de téléphone il y a 2 jours. Pendant 20 ans j’ai exercé une activité professionnelle aux côtés des plus démunis. Nos bureaux étaient alors dans une petite cité HLM où nous occupions 2 appartements. J’ai pris ma retraite il y a bientôt 3 ans. Quelle n’a pas été ma surprise vendredi d’avoir un appel de Zakia, une femme algérienne qui habitait au dessus de nos bureaux. Elle savait la place de la prière dans ma vie de chrétienne, nous en avions souvent échangé, et elle voulait entendre ma voix et avoir des nouvelles avant de commencer le Ramadan dans le confinement pour que nous puissions nous soutenir… Donc même le méchant virus n’a pas réussi à nous séparer et nous restons en communion, enrichies par nos différences. Nicole.

Dans notre immeuble, dès l’annonce du confinement, une famille de locataires, avec la plus grande simplicité a apposé dans le hall une affiche libellée comme suit : « tout le monde ! En cette période de confinement, il faut être solidaire. Vous le savez , je travaille chez Auchan, et à ce titre je peux sortir tous les jours. N’hésitez pas à me demander de récupérer vos courses au drive ou de vous dépanner sur quelques courses » Suivent : nom, téléphone, mail… Hélène.

Emmanuelle, notre fille en sortie autorisée, a croisé une de ses relations qu’elle connaissait un peu, professeur de danse comme elle. Cette personne était très en peine pour plusieurs raisons dont le confinement. Après  une brève, mais chaleureuse conversation, l’autre s’est mise à pleurer et lui a dit, sur le champ, aller beaucoup mieux. Notre fille était heureuse de nous en faire part et de partager sa joie. Hélène.

Confinée, moi aussi, depuis 40 jours et limitée dans mes déplacements vu mon âge, j’essaie de maintenir des liens par téléphone avec les personnes que je sais seules, malades ou en peine. Les résidents du Foyer de la Marrière souffrant de leur confinement, les personnes à qui je portais la communion, un voisin qui fête aujourd’hui ses 92 ans, une personne en maison de convalescence qui vient de perdre son mari et que je réconforte dans sa peine et d’autres voisins du quartier. Je les assure de ma prière fraternelle et leur donne une parole d’espérance. Bernadette.

Ma fille s’est séparée de son compagnon et vit avec ses deux petits enfants dans un deux-pièces-cuisine. Sans jardin et les parcs fermés, le confinement est particulièrement difficile à vivre. Elle a donc pris la décision de retourner vivre dans la maison avec jardin de son ex-compagnon. Les enfants sont bien sûr hyper-contents surtout que les relations entre les 2 parents sont moins tendues. Ils ne revivront peut-être pas ensemble mais ils apprennent à s’accepter dans leurs différences – pour le bien des enfants. Alléluia ! Yves.

J’habite un appartement dans un groupe de 3 petits immeubles. J’ai la chance d’être en rez-de-jardin avec une terrasse et de la verdure. À côté, un couple avec une petite fille de 4 ans, est arrivé depuis quelques mois. La jeune femme, tout naturellement, m’a proposé de faire des courses ; moi de mon côté, voyant que la petite fille arrosait ses plants de fraisiers avec une boîte de conserve, je lui ai donné un petit arrosoir. Quelques jours plus tard, Lili m’a apporté des brins de muguet. Cela m’a touché. Anne.

Dans les immeubles, on prend le temps de discuter entre voisins, sur la terrasse ou dans les escaliers (en gardant les distances…). Des liens se renforcent ou se créent. Cela rejoint notre projet paroissial : prendre soin les uns des autres. D’autre part, je reste en lien téléphonique avec des personnes rencontrées au Secours Catholique. Musulmanes, elles ont commencé le ramadan. Cette période de regroupement pour partager, n’est pas très facile à vivre en cette période de confinement. Elles m’en parlent et cela me permet de continuer à être présente auprès de ces femmes et comme tu le dis Nicole, enrichie par nos différences. Anne.

Pour moi, cette image avec toutes les personnes avec leurs mains reliées par une image en faisant le cœur comme symbole ! Ça représente l’harmonie de la perfection si tout le monde s’entendait… Si tout le monde était lié par le sens (respectueux) et l’amitié, tout le monde finirait heureux… Il n’aurait plus de place dans le cœur pour toutes choses mauvaises… Dans ce cas-là tout le monde serait en paix (en soi) en voyant toutes les qualités des personnes tôt ou tard… Benoît.

Les aumôniers au centre de détention du boulevard Einstein ne peuvent plus entrer pour rendre visite aux détenus. Nous n’avons plus que les courriers pour rester en contact. Voici les mots reçus d’un jeune homme (moins de 30 ans). Dans ce temps pascal il y est question de l’avenir, de donner le bonheur, d’alliance, d’espérance et de vie future : « En ce qui me concerne, je suis toujours confiné dans le même endroit, dans ce lieu où les nombreuses réglementations mises en place impactent tout le monde… ces nouvelles règles établies pour le bien de tous imposent à chacun, chacune, de réfléchir à soi-même. Je pense à la construction de mon avenir qui rendra, je l’espère, plus d’une personnes heureuse. En ces jours de sainteté, un remède miracle va éclore. Restons soudés les uns aux autres par cette alliance qui nous apportera joie et bonheur. Bien à vous, croyons ensemble en l’espérance de cette vie future. » Joël.

La pharmacienne chez qui j’ai travaillé pendant 20 ans et qui a maintenant 93 ans est rentrée en maison de retraite depuis septembre. En attendant les infos qui nous disaient l’isolement des personnes âgées, j’ai téléphoné pour avoir de ses nouvelles physiques et morales. Elle était heureuse de m’entendre et nous avons conversé un bon moment. À la fin de notre échange, elle m’a dit « Thérèse, je suis heureuse de vous entendre, ça me fait plaisir, c’est comme une visite pour moi car les journées sont longues sans sortir ». Thérèse.

Comme beaucoup, tous les soirs, nous sortons dans la rue pour applaudir les soignants et tous ceux qui nous permettent de vivre. Nous connaissons bien toutes les personnes qui habitent le même coté de notre rue, mais n’avons pas de relations avec celles de HLM d’en face. Depuis le début du covid-19, nous nous retrouvons ensemble pour applaudir et nous nous faisons des signes amicaux de la main en nous disant : « À demain soir ! » J’espère que désormais nous nous reconnaîtrons à l’avenir. Thérèse.

Cette période de confinement nous a permis de jouer à plus de jeux de société et de partager plus de moments en famille. Je me suis rapproché de ma petite sœur que j’aide à faire ses devoirs. On vit aussi un temps de prière en famille grâce à la célébration du samedi. Merci ! Jean-Raphaël.

À cause du confinement, la rencontre « moment de bonheur » a été supprimée. Quelles conséquences pour les personnes fragilisées qui y trouvaient là un vrai moment de « chaleur humaine » ? Pour certains qui souffrent de grave maladie psy, le moment est dur, ils perdent le rythme habituel, les contacts familiers. Certains ne supportent pas la solitude, et tout en appliquant avec sérieux les gestes-barrières, vont et viennent dans les rues, à pied, comme d’habitude. Deux ont été accompagnés aux urgences et pris en charge médicalement. Oui, le temps est dur pour tous, et spécialement pour certains. Nous voulons les accompagner, les soutenir et les aider à garder le moral. Dans ce contexte difficile, d’autres utilisent efficacement leur temps. L’un d’eux collectionne les dessins de Jésus qui lui parlent. Il a accepté de dire pourquoi telle image lui plaît : Jacques.

Jésus avec une grande croix

Ma photo préférée, on voit Jésus avec une grande croix, pour faire passer les gens qu’on aime pour qu’ils nous voient… (Les gens sont précieux ! Ils ont un cœur, dommage que la société néglige ce point ! ! !). La vie est plus agréable quand on discute et on rencontre des gens, c’est mon point de vue. Mais dommage que dans ma vie que je sois toujours séparé de ceux que j’aime depuis 10 ans etc… Pas facile… Benoît.

Dans ma famille, j’ai une cousine à laquelle je tiens beaucoup. Elle est religieuse dans la congrégation des sœurs de la Providence de la Pommeraye et habite à Tours, isolée de ses sœurs, dans une résidence HLM. Elle est un bout en train, et malgré ses 89 ans, elle a toujours son franc-parler. Elle et moi sommes régulièrement en contact soit par téléphone, soit par courrier. Je lui fais « visiter » Nantes par carte postale. Elle m’a affirmé apprécier cette visite virtuelle. La dernière fois que je lui ai téléphoné, elle m’a dit « Oh ma petite Claire-Isabelle, c’est la Providence qui m’envoie ce coup de téléphone, car je n’avais pas encore ouvert la bouche depuis ce matin ! » Il était 10h30. Cet appel a rompu sa solitude. Même si je sais qu’elle n’est jamais seule 😉, je sais, qu’en tant que femme toujours en mouvement, elle vit difficilement, la rupture, l’isolement et le confinement. Le déconfinement et surtout la reprise des célébrations seront une libération pour elle. Je la confie à vos prières. Elle s’appelle Renée. Claire.

L’équipe St Vincent de Paul de la paroisse, qui accompagne des personnes en précarité du quartier, n’a pu poursuivre une de ses activités essentielles d’aide alimentaire à cause du confinement et surtout de l’âge avancé de la majorité des 6 bénévoles. Nous avons donc apporté deux aides financières, fin mars et fin avril, de 100€ par personne, à chaque famille accompagnée. Une femme aidée, originaire du Kosovo, nous a donné ce témoignage : « Merci beaucoup. Vous nous avez apporté une très grande aide. Mes parents étaient venus nous voir en France début mars et mon père a été hospitalisé 10 jours à cause du Covid.  Après, une infirmière est passée tous les jours pendant une semaine pour voir son état. Tous les frais ont été à notre charge car il n’avait pas d’assurance.
Alors, encore merci et que Dieu vous bénisse, vous les bénévoles et aussi vos familles. » Françoise

Une de mes sœurs, âgée , et un ami très proche, encore jeune, s’avancent inexorablement sur la pente mystérieuse du « retour à l’enfance ». Le confinement a visiblement accentué ce glissement. Nous essayons de les accompagner dans cette marche, à leur pas, tout en les stimulant, sans les humilier. Michel

Des ressources au temps du coronavirus

Mosaïque des ressuscités

Durant ce confinement, voici une belle proposition de catéchèse en famille (ou pas) du diocèse :

Activités pour les enfants : Le jardin de Pâques à construire, la semaine sainte avec l’ACE44, un bricolage de Pâques de Marie Bogé et un « cahier de vacances » de Pâques de l’ACE pour les enfants (et les grands).

Lisez ce magnifique texte sur l’Eucharistie : lumineux !

Nous souhaitons une bonne « Aïd-al-fitr » à nos sœurs et frères musulmans.

J’ai rappelé à mes diocésains que nous vivons très temporairement ce que 150 millions de chrétiens – toutes confessions confondues – vivent habituellement parce qu’ils sont persécutés. Ce confinement est donc aussi une occasion de vivre en solidarité avec ces chrétiens qui sont dans l’impossibilité chronique de célébrer, ce qui ne les empêche pas de vivre leur foi. Comme disait Thérèse de Lisieux : « Quand on peut avoir les sacrements, c’est bien ; quand on ne peut pas les avoir, c’est bien aussi ! » Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne. Quelques autres textes de grand intérêt : N’attisons pas les polémiques !, Sainte colère ?, ​Les églises fermées, un signe de Dieu ? et deux vidéos du p. Gaël Giraud, jésuite et économiste : Apprenons à partager les ressources pour sauver le vivant, La sortie du confinement ne sera pas du tout la fin de la crise.

L’inouï du confinement n°1n°2, n°3, n°4 et n°5 par la Mission Ouvrière.

Prévue à Timadeuc, la récollection paroissiale avec les psaumes a été retravaillée pour permettre à chacune et chacun de la vivre chez soi personnellement en une grosse heure tout en restant en communion les uns avec les autres. N’hésitez pas à vous lancer !

Des jeunes confirmands en attente de Confirmation !

Le dimanche 26 avril, nous avions prévu de rendre grâce à Dieu pour 50 années de prêtrise de Jacques André. C’est reporté à une date ultérieure bien entendu mais Jacques nous fait le cadeau d’un texte sur sa vocation.

Lettre des évêques pour le début du Ramadan.

Pâques est une si grande fête que l’« Octave de Pâques » nous donne une semaine de 8 dimanches de Pâques pour la fêter, pour fêter le Ressuscité. D’abord, nous avons dimanche, lundi et mardi les récits du tombeau vide puis de mercredi à dimanche les apparitions du Ressuscités. Au milieu, ce mercredi nous trouvons le très suggestif récit des disciples d’Emmaüs. Arcabas et Gambarelli nous aident à cheminer avec Cléophas et Jésus ! Et avec Rembrandt.

À Pâques, chantons l’Exultet et Alleluia ! Lisons le message du Conseil des Églises Chrétiennes de France (et en vidéo). Contemplons dans ce si beau tableau de Burnand les regards de Pierre et Jean courant au tombeau. Écoutons le dialogue du Ressuscité avec Marie-Madeleine par les moines de Keur Moussa au Sénégal. Unissons-nous à la prière des animateurs et musiciens de la paroisse !

Deux textes intéressants : Dieu dans la pandémie et Parce que nous sommes déjà ressuscités avec le Christ…

Cet article explique ce silence aimant du Samedi saint, une homélie ancienne et une méditation artistique complètent. Nous pouvons prier d’une tout autre façon le chant Mon Père je m’abandonne à Toi en le mettant dans la bouche du Christ. Nous pouvons aussi renouveler la grande prière universelle du vendredi saint.

Pour le vendredi saint, vous pouvez méditer le chemin de croix proposé par le CCFD avec Laudato si’, le quatrième chant du serviteur et le chant C’était nos souffrances… qui va avec, la Passion selon St Jean cantilée par les moines de Keur Moussa au Sénégal.

Pour le jeudi saint, vous pouvez méditer avec le chant Comme Lui, un extrait du film Des hommes et des dieux et cet article Dresser la table… quand même.

Pour ces trois premiers jours saints (lundi, mardi et marcredi), je vous invite à une méditation inhabituelle avec plusieurs méthodes : les chants du Serviteur. Une invitation à les découvrir. Agathe Brosset a écrit un très beau texte Voici l’Homme qui médite de manière très concrète la Passion et qui s’accorde bien avec les chants du Serviteur.

Pour les rameaux et la Passion, voici une méditation proposée par le père Gérard Naslin et la très belle hymne des 1e vêpres.

Voici quelques indications pour vivre avec plus de profits les célébrations de la semaine sainte par les moyens audiovisuels.

Samedi 28 mars, nous devions vivre tous ensemble la fête du pardon (préparée par la zone pastorale). Je vous propose de la vivre ensemble chacun chez soi en méditant la résurrection de Lazare. Le Pape nous y encourage : « Parle à Dieu, il est ton Père, et dis-lui la vérité. […] Et immédiatement, vous reviendrez à la grâce de Dieu ». Voici aussi d’autres documents intéressants : une conférence du p. Soubrier (notre ancien évêque) et une proposition, diocésaine celle-ci, pour recevoir le pardon.

Voici l’homélie du 5e dimanche (29/3/20).

Même confinés, passez une belle soirée virtuelle en famille à la rencontre des partenaires du CCFD-Terre solidaire ! En ce 5e dimanche de Carême, l’Église de France et notre diocèse nous invitent à prier avec ce livret spirituel et à donner au CCFD-Terre solidaire.

Voici l’homélie de la solennité de l’Annonciation du Seigneur (25/3/20).

Une prière ancienne à l’occasion du dimanche 22 mars 2020.

Les chants du Serviteur

Les Cantiques du Serviteur ou Chants du Serviteur, ou encore Poèmes du Serviteur, sont un ensemble de passages du Livre d’Isaïe. Ils sont lus au cours de la Semaine sainte : Is 42,1-9 le lundi, Is 49,1-7 le mardi, Is 50,4-11 le mercredi (et en partie le dimanche des Rameaux et de la Passion) et Is 52,13 – 53,12 le vendredi. C’est pourquoi je vous invite à les méditer de manière plus intensive cette semaine. Vous pouvez les écouter dans la vidéo ci-dessous.

Ce Serviteur, appelé par Dieu à apporter la lumière aux « nations », est l’objet du mépris des hommes. C’est un sauveur tout à fait déroutant pour l’attente d’Israël. Mais les chrétiens y lisent une préfiguration de la Passion du Christ.

Les trois premiers chants

Ce n’est pas la puissance qui le caractérise dans le premier chant mais l’élection et l’humilité. « Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n’entendra pas sa voix sur la place publique. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité. » (Isaïe 42, 2-3).
Le deuxième chant creuse cette révélation : le secret du Serviteur réside dans son élection. Lui qui a été « formé dès avant la naissance » (49, 5) et qui a été  « appelé dans le sein de sa mère » (49, 1) proclame : « ma force, c’est mon Dieu » (49,5). C’est cet unique appui qui permet au Serviteur d’espérer contre toute espérance, de persévérer malgré la souffrance, comme le troisième chant l’affirme : « Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas protégé mon visage des outrages et des crachats. » (50, 5).

Le quatrième chant

Ce cheminement de la Révélation permet au quatrième chant de présenter le Serviteur non plus seulement comme l’élu qui met sa confiance en Dieu, non plus seulement comme l’homme qui préfère être fidèle à Dieu, quitte à affronter la souffrance, mais comme celui dont la souffrance devient un instrument de salut pour tous : « Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne ; et nous lavons méprisé, compté pour rien. Pourtant, cétaient nos souffrances quil portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions quil était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, cest à cause de nos fautes quil a été transpercé, cest par nos péchés quil a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et cest par ses blessures que nous sommes guéris. » (Isaïe 53, 3-5).
On a longtemps cherché à savoir qui pouvait être ce « serviteur souffrant ». Un prêtre de retour d’exil en butte à l’inimitié de ceux qui sont restés au pays et qui pourrait être le prophète lui-même ? Une figure du peuple d’Israël lui-même ? Sans doute. Quoi qu’il en soit, le portrait dessiné par Isaïe ne pouvait manquer de frapper les premiers chrétiens, à commencer par les évangélistes.
Qui mieux que Jésus incarne cette figure inhabituelle ?

Liens avec notre aujourd’hui

Non seulement nous pouvons identifier le Serviteur à Jésus-Christ, mais nous pouvons encore l’identifier à des proches ou des lointains. Faisons défiler devant yeux de notre cœur et de notre prière les visages de personnes connues ou inconnues qui ressemblent à ce Serviteur de Dieu. En ces temps de confinement, les visages des malades, des soignants et de tant d’autres nous orientent vers ce Serviteur et ce Serviteur nous oriente vers eux. En ces temps de guerre à travers le monde, les personnes déplacées, affamées, torturées,…, les prophètes de notre temps. Et parfois, nous pouvons nous identifier nous-même à ce Serviteur de Dieu.

Plusieurs propositions de méditation

  • Hændel partage sa méditation du quatrième chant dans la deuxième partie de son fameux oratorio : Le Messie.
  • Interprétation christologique avec de magnifiques tableaux : 1er chant, 2e chant, 3e chant et 4e chant.
  • Voici les textes imprimés verset par verset : je vous invite à méditer d’abord le premier verset seulement en cachant les suivants, puis vous découvrez le deuxième versets en cachant toujours les suivants et ainsi de suite un verset à la fois. Lire un chant seulement par jour.

Philippe